©Guillaume Le Tallec
La deuxième journée d’Émotions de Rue 2025, proposait trois spectacles de styles très différents. En début d’après-midi, après avoir installé leur scène, les circassiens et circassiennes de l’École du cirque de la MJC ont offert une initiation aux arts du cirque (jonglage, acrobatie, bolas) aux personnes – surtout des enfants- qui le souhaitaient ; pendant que l’équipe des bénévoles installaient l’espace pour les artistes de l’Union Musicale Voironnaise (UMV). Le tout sous un soleil brûlant.
Circus Harmony plonge le public dans un univers qui peut rappeler celui des films muets. La musique, jouée en direct par la cinquantaine d’artistes de l’UMV ouvre le spectacle avant l’arrivée des circassiennes et circassiens sur un grand chariot. Jonglage, portés acrobatiques, monocycle, bolas… les huit artistes s’expriment autant avec leurs corps qu’avec les mélodies entraînantes.
La musique suit ou devance leurs mouvements, et la mise en scène dépasse la simple performance technique. Ce mélange original a créé une ambiance forte, pleine d’émotions, et le public, venu nombreux, s’est montré très réceptif.
Le deuxième spectacle, proposait un tout autre style en invitant à découvrir la culture flamenca. La compagnie Yema Andaluza, avec son spectacle ¡ Vamonos ! a emmené le public en Andalousie pendant quelques dizaines de minutes. Sur scène, deux guitaristes et sept danseuses, dont deux qui étaient aussi chanteuses. Le spectacle, qui mêlait danses sévillanes, musique flamenca, castagnettes et chants, a raconté un morceau de la culture andalouse. Le public a été invité à pratiquer les palmas – battements de mains typiques du flamenco pas toujours facile à maîtriser ; certaines personnes ont tenté quelques pas de danse.
Enfin Matin Brun de la compagnie Tout Cour a proposé au public une réflexion sur la montée insidieuse d’un régime totalitaire. Sur scène, l’État Brun interdit la possession d’ animaux non bruns sous couvert de justifications soi-disant scientifiques. Les deux protagonistes se conforment d’abord à cette loi sans trop s’interroger jusqu’à ce qu’un nouveau décret ne vienne les
toucher personnellement. Adaptée du texte de Franck Pavlov, la mise en scène s’appuie sur le théâtre d’ombres. Les deux artistes animent un écran où la couleur brune envahit progressivement l’espace du narrateur, symbolisant ainsi l’oppression grandissante. La compagnie ne s’arrête pas au récit : au-delà de la fable, elle invite à la discussion. La représentation s’est terminée par un échange avec le public posant une question essentielle : “et nous, qu’aurions-nous fait à la place des personnages ?”
Marie





